Momie de nourrisson égyptien / MNHN - J.C. Domenech

L’exposition Momies : un voyage universel entre science, culture et mémoire

Au Musée de l’Homme, l’exposition Momies invite à une rencontre rare : celle de personnes momifiées venues du monde entier. Conçue par une équipe pluridisciplinaire sous la co-direction d’Éloïse Quétel, responsable des collections médicales de Sorbonne Université, l’exposition explore les multiples facettes de la momification : un geste universel, à la croisée de la science, de la culture et de la mémoire.

Illustration : Momie de nourrisson égyptien @ MNHN - J.C. Domenech

Rencontre avec Éloïse Quétel

« Les momies ont toujours suscité à la fois fascination et répulsion », explique la co-commissaire d’exposition, Éloïse Quétel. En plaçant cette ambivalence au cœur du parcours, elle invite, avec le co-commissaire scientifique Pascal Sellier et les commissaires muséographiques Eve Bouzeret et Bérivan Ozcan, le visiteur à s’interroger sur les raisons pour lesquelles, depuis des millénaires, l’humanité cherche à retenir le corps. « La momification n’est pas une curiosité, mais un geste profondément humain, rappelle Éloïse Quétel. Partout, elle répond au même besoin : maintenir un lien entre les vivants et les morts. » 
Grâce à ce thème, cette exposition met à l’honneur, pour les dix ans de la réouverture du Musée de l’Homme, l’une des quatre plus vastes collections de momies au monde. « Le Musée de l’Homme conserve 70 corps complets de défunts momifiés », souligne la co-commissaire. Conservatrice-restauratrice du patrimoine, formée à la conservation des restes humains et matériaux organiques, Eloïse Quétel a consacré quatre ans à ces collections. Après un stage au Musée de l’Homme au sein de l’atelier de restauration des momies et restes humains organiques en 2013, elle en assure la gestion et la conservation, avant de prendre la tête des collections médicales et d’anatomie pathologique de Sorbonne Université. 

Déconstruire les clichés et retrouver le sens

Loin du mythe égyptien ou de l’image de Rascar Capac, l’exposition Momies montre la diversité des pratiques funéraires à travers le monde. Le visiteur découvre une fresque culturelle où se côtoient momies andine, égyptienne, guanche, européennes ou asiatique. Les plus anciennes, celles des Chinchorros du Chili, remontent à près de 9 000 ans, les plus récentes, comme celles du XVIIᵉ siècle en Europe, témoignent des débuts de l’embaumement moderne.
L’exposition entend dépasser les images véhiculées par la culture populaire à travers un parcours structuré en quatre grands volets : la rencontre avec les défunts momifiés, les rituels funéraires et leurs gestes techniques ; l’histoire des collections muséales ; et la recherche scientifique contemporaine.

Cet article est proposé par la Bibliothèque de Sorbonne Université. Pour lire la suite :