Culture scientifique - Ephémérides de l'été 2026
Tout au long de l'été, l'iRHiST publie sur sa page LinkedIn des posts dédiés à des dates-événements en histoire des sciences et des techniques.
Cette page archive ces publications sur le site internet de l'initiative.
30 juin 1973 - « L’éclipse du Concorde »
✈️ Observer une éclipse depuis un avion en vol supersonique ?
La plus longue éclipse solaire du XXe siècle eut lieu le 30 juin 1973, elle dura plus de 7 minutes.
En 1969, le Concorde réalisait son premier vol et des astrophysiciens souhaitèrent, par la suite, observer l’éclipse depuis l’appareil en vol.
En effet, la vitesse supersonique de l’aéronef lui permettait de « suivre » l’éclipse en « compensant » la vitesse de rotation de la Terre et en restant ainsi dans l’ombre projetée par la Lune.
L’accord fut donné pour utiliser le prototype français, en fin de programme d’essais. Le prototype 001 du Concorde (F-WTSS) fut transformé pour son 376e vol : quatre hublots furent aménagés dans le fuselage de l’avion pour permettre d’orienter des instruments scientifiques en direction du soleil.
Huit scientifiques d’institutions françaises, britanniques et états-uniennes embarquèrent pour étudier la couronne solaire, la chromosphère (atmosphère autour du Soleil) ou encore l’atmosphère terrestre.
L’éclipse, de 7 minutes au sol, fut ainsi observée durant 74 minutes en continu au-dessus du Sahara.
Pour les curieuses et curieux en région parisienne, le Concorde F-WTSS est aujourd’hui exposé au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.
histoire hashtagéclipse hashtagastronomie hashtagaéronautique hashtagéphéméride
(Publication du 30 juin 2026)
6 juillet 1885 - Première vaccination contre la rage
Louis Pasteur, chimiste formé à l’École normale supérieure, se consacre d’abord aux structures des cristaux et à leurs effets sur la lumière (dissymétrie moléculaire), puis à la théorie de la « génération spontanée » qu’il réfute en étudiant les processus de fermentation. Ce faisant, ses recherches évoluent vers la biologie et plus particulièrement la microbiologie. Il développe à cette occasion la méthode de la pasteurisation.
A la fin des années 1870, Louis Pasteur s’intéresse aux maladies infectieuses. Il identifie ainsi le staphylocoque, le streptocoque et le pneumocoque, puis il cherche à développer un procédé d’immunisation généralisable pour plusieurs maladies courantes à l’époque.
Edward Jenner, médecin britannique, avait découvert à la fin du XVIIIe siècle la pertinence de la méthode de l’inoculation préventive d'une forme naturellement bénigne de la variole. Louis Pasteur, quant à lui, cherche à développer expérimentalement des souches moins virulentes qui pourront être utilisées en guise de vaccin. Il met au point sa méthode pour trois maladies animales avant de l’appliquer à une maladie affectant aussi l’humain : la rage.
Après avoir expérimenté sur des chiens, puis sur des lapins, Louis Pasteur et ses collaborateurs, Charles Chamberland et Émile Roux, développent un procédé d’atténuation de la virulence de la rage qu’ils présentent à l’Académie des Sciences en février puis mai 1884. Si la méthode est approuvée, les essais de vaccination sur des êtres humains ne sont pas lancés immédiatement.
📌 Le 6 juillet 1885, un garçon âgé de neuf ans est présenté à Louis Pasteur : Joseph Meister avait été mordu deux jours plus tôt par un chien enragé à de multiples reprises et ne présentait pas encore de symptômes de la maladie. La rage n’étant pas encore déclarée, le diagnostic est incertain, mais des médecins, notamment le docteur Jacques-Joseph Grancher, encouragent la vaccination. C’est ce dernier qui réalise les treize inoculations de Joseph Meister, réparties sur dix jours. L’enfant ne développa pas la rage.
D'autres « mordus » se présentèrent par la suite, notamment Jean-Baptiste Jupille en octobre 1885, dont le cas fut médiatisé.
Néanmoins, plus d’un siècle plus tard la méthode de vérification de Louis Pasteur pose des questions éthiques : pour s’assurer que la vaccination avait fonctionné, une injection de contrôle d’une souche de virulence non atténuée fut administrée au patient. Il en réchappa et cela constitua, pour Louis Pasteur une preuve de la validité de son procédé, sans avoir aucune explication de son fonctionnement.
Si ce vaccin contre la rage est reconnu et mène à la création de l’Institut Pasteur en 1887, d’autres procédés d’atténuation de la virulence du virus furent développés au début du XXe siècle et progressivement privilégiés à celui initialement utilisé en 1884.
ha
Illustration : Le Petit Marseillais, 28 octobre 1885, page 2 - Source : Gallica /BnF
(Publication du 6 juillet 2026)
📻 🌤️ 15 juillet 1922 – Premier bulletin météo par radio depuis la Tour Eiffel
Le 15 juillet 1922, l’Office national météorologique débute l’émission quotidienne de trois bulletins de prévision, dix-huit heures à l’avance, à destination des cultivateurs (agriculteurs), depuis le poste de radiotélégraphie de la Tour Eiffel.
Deux semaines plus tôt, le 29 juin, les ministres de l’agriculture et de l’intérieur, ainsi que le sous-secrétaire d’État de l’aéronautique invitaient, dans une « circulaire relative à l’application de la téléphonie sans fil à la météorologie agricole », à installer des postes récepteurs dans les communes (JORF, 29 juin 1922, page 6782) : « soit à l’école, soit chez le receveur-buraliste, soit à la gendarmerie […], soit chez tel citoyen que le maire désignera ».
Cette nouveauté est initialement questionnée dans la presse, notamment en raison d’un manque de confiance dans la précision des prévisions météorologiques, face à l’expérience des paysans pour « interroger le ciel » (« En prévision du temps qu’il fait », Le Journal du Peuple, 18 juillet 1922, page 2).
Situons l’évolution de la transmission d’information météorologique en France.
En 1855, Urbain Le Verrier fonde le Service météorologique français à l’Observatoire de Paris. Constitué d’un réseau de stations communiquant par le télégraphe électrique, ce service est créé dans le but de communiquer aux marins l’arrivée des tempêtes.
En 1863, des télégrammes d’avertissement aux ports sont diffusés et des cartes météorologiques sont publiées quotidiennement dans le Bulletin de l’Observatoire. En 1876, ces cartes quotidiennes sont reproduites dans le journal *L’Opinion nationale*.
En 1878, le Service météorologique devient le Bureau central météorologique rattaché au ministère de l’Instruction publique, puis l’Office national météorologique en 1920 qui inclut les services de météorologie aéronautique et militaire développés dans les années précédentes.
La Météorologie nationale est fondée en 1945 et, concernant le premier bulletin météorologique présenté à la télévision en direct, celui-ci date de 1946.
Météo France succède à la Météorologie nationale en 1993.
Sources : indiquées entre parenthèses (accessibles sur Gallica/BnF) et Météo France.
hashtaghistoire hashtagsciences hashtaginnovation hashtagmétéo hashtagradio hashtagtoureiffel hashtagéphéméride
Illustration :
Louis Baudry de Saunier, Initiation à la TSF. Paris, Éditions Flammarion, 1923 : Reproduction de la couverture de L’Illustration du 3 mars 1923 présentant un opérateur de la Tour Eiffel actionnant un manipulateur pour donner l’heure (Source Gallica / BnF)
(Publication du 15 juillet 2026)