Alfred Riocreux, Tillandsia tortilis, 1843, aquarelle sur vélin. Muséum national d’histoire naturelle, Collection des vélins, portefeuille 75, folio 10.
  • Séminaire

Alice Laforêt et Claire Le Borgne au séminaire Le Muséum, objet d'histoire

Le jeudi 29 octobre 2026, de 17h30 à 19h30, à l'amphithéâtre Rouelle du Jardin des plantes, le séminaire « Le Muséum national d’histoire naturelle, objet d’histoire » accueille mesdames Alice Laforêt et Claire Le Borgne (direction des bibliothèques et de la documentation, MNHN) dont l'exposé a pour titre: « Sortir du cadre ? Carrières et réseaux des dessinateurs de la collection des vélins du Muséum (1840-1880) : l’émergence de parcours atypiques »

Plus de détails à cette adresse: https://objethistoire.hypotheses.org/3902

  • Le 29 Oct. 2026

  • 17:30 - 19:30

  • Séminaire
  • MHNH, Amphithéâtre Rouelle, Jardin des plantes, Paris

Résumé

En 1844, Ange-Louis-Guillaume Lesourd-Beauregard fournit pour la collection des vélins une aquarelle botanique représentant une cinéraire (Pericallis cruenta). Il s’agit de l’une des deux seules contributions à cette collection que cet artiste, nommé maître de dessin pour les plantes au Muséum national d’histoire naturelle en 1841, réalise au cours de sa carrière. Pierre-Joseph Redouté, son prédécesseur direct à ce poste, avait quant à lui fourni plus de six-cents planches pour cette importante collection d’iconographie d’histoire naturelle, unique tant du fait de sa longévité que du fort lien qui l’unit à l’institution.

La collection des vélins du Muséum se constitue dès le XVIIe siècle, d’abord sous l’égide de Gaston d’Orléans, avant de devenir une possession royale, dont le contrôle scientifique est dès lors confié à des savants. Elle est alimentée essentiellement par des artistes occupant un poste officiel : à l’existence d’une charge de “Peintre du Roi” au cours de l’Ancien Régime succédera une brève chaire d’iconographie créée en 1793, bientôt remplacée par des postes de maîtres de dessins, désignés sur concours. Ces derniers, qui assurent un enseignement artistique dans l’établissement, sont les principaux contributeurs à la collection des vélins durant la première moitié du XIXe siècle. Ils travaillent sous la houlette de l’assemblée des professeurs du Muséum, qui oriente tant le choix des artistes que celui des sujets. Dès les années 1840 néanmoins, une indéniable diversification des profils de dessinateurs œuvrant à enrichir à la collection s’observe et une dissociation entre l’enseignement du dessin naturaliste et la contribution à la collection s’instaure, et s’accentue jusqu’à la fin du siècle. Dès lors, l’émergence de parcours atypiques modifie-t-elle l’identité institutionnelle d’une collection ?

L’étude des carrières et des réseaux de sociabilité de trois artistes ayant contribué à la collection dans la seconde moitié du XIXe siècle – Alfred Riocreux (1820-1912), Joseph Huet (1827-1903) et Jules Terrier (1853-1927) – permet d’analyser la place faite aux dessinateurs au Muséum. Leurs carrières sont polymorphes – elles peuvent les conduire de la taxidermie à la sculpture, ou de la décoration de porcelaine au dessin botanique – et leurs liens – familiaux, amicaux et scientifiques – avec le Muséum leur assurent une situation dans l’établissement, bien que celle-ci ne soit pas toujours officiellement définie.

Ces trois artistes ont fait l’objet d’une attention renouvelée à l’occasion de la préparation de l’exposition “Artistes au Muséum” (Muséum national d’histoire naturelle, 23 septembre 2026 – 7 mars 2027). A l’image d’autres personnels subalternes, les dessinateurs ont en effet pu pâtir d’une forme d’invisibilisation, dont le traitement des collections archivistiques et iconographiques s’est longtemps fait le reflet. Lacunes et silences des catalogues sont à l’origine de biais historiographiques dans l’approche de la collection des vélins et dans la manière dont on la donne aujourd’hui à voir.

Jardin des plantes

Amphithéâtre Rouelle, Jardin des plantes, Paris

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