Elisabeth Davin Mortier au séminaire HSHI
Ce jeudi 19 février 2026 de 17h à 19h, le séminaire Histoire des sciences, histoire de l'innovation propose une séance intitulée : « Les “utopies hydro-politiques” sionistes en Palestine : préparer l’avenir hydrique d’un possible État juif (1936-1947) » à la Maison de la Recherche, rue Serpente, salle 040.
Nous aurons le plaisir d'entendre M. Elisabeth Davin Mortier, Sorbonne Université.
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Le 19 fév. 2026
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17:00 - 19:00
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Séminaire
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Salle 040, Maison de la Recherche,
Sorbonne Université,
28 rue Serpente, 75006 Paris
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Raphaël Lavie
Résumé
Sous administration militaire britannique depuis 1917, civile et
mandataire, depuis 1920 et 1922, la Palestine est secouée en 1936 par
l’éclatement de la Grande Révolte arabe. Les Arabes palestiniens réclament
la fin de l’immigration juive, des achats de terres par les Juifs, et la
naissance d’un État arabe. Cette révolte s’inscrit dans le cadre de la
reconnaissance du projet sioniste en Palestine, par la promesse de la
Déclaration Balfour, datée du 2 novembre 1917, reconnue dans la charte du
Mandat confié par la Société des Nations à la Grande Bretagne en 1922.
La Grande Révolte arabe entraîne la venue du commission royale, dirigé par
Lord Peel, dont le rapport, en 1937, propose le premier plan de partage
binational de la Palestine, entre un État arabe et un État juif. Puis, la
publication du Livre Blanc de 1939 balaie les espérances sionistes en
limitant l’immigration juive et les transferts fonciers dans le pays. La
stratégie territoriale sioniste s’adapte alors pour donner aux Juifs la
position la plus favorable possible pour préparer l’avenir : la colonisation
juive se déploie partout où elle était jusqu’alors peu présente, notamment
dans le désert du Néguev. L’eau devient la clé du futur du projet étatique
sioniste. De la fin des années 1930 aux années 1940, les organisations
sionistes élaborent de multiples projets d’aménagements hydrauliques de
grande ampleur. L’Agence Juive, préparant la fin prochaine de la domination
britannique sur le pays, et la naissance espérée d’un État juif, encourage
les organisations juives et sionistes, et les ingénieurs intéressés par la
réalisation du projet sioniste, à préparer des projets d’aménagements
hydrauliques à l’échelle de la Palestine. Ces projets répondent à deux
exigences : augmenter la capacité d’accueil du pays par le développement de
l’agriculture et de l’industrie, et assurer l’hydro-autonomie d’un futur
État juif. La plupart de ces projets ont pour point commun de ne pas se
limiter aux frontières du Mandat, mais d’inclure des ressources et des
bandes de terres sous la souveraineté d’autres États. C’est pourquoi ces
projets peuvent être qualifiés d’« utopies hydro-politiques ». Dans cette
séance de séminaire, les défis techniques et politiques de ces projets
d’aménagements hydrauliques sionistes seront retracés en les mettant en
lien avec le projet de transformation radicale de l’environnement
palestinien porté par les sionistes durant le Mandat britannique en
Palestine.
Maison de la recherche de Sorbonne université
Salle 040, Maison de la Recherche,
Sorbonne Université,
28 rue Serpente, 75006 Paris