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Les Femmes de la tour Eiffel - pourquoi et comment les célébrer ?

En attendant l’inscription sur la tour Eiffel des noms de 72 femmes scientifiques, nous vous invitons à approfondir la réflexion et les connaissances sur l'histoire des femmes en sciences.

L'initiative Renouveler l'histoire des sciences et des techniques, en partenariat avec le Centre François-Viète (Nantes Université) et l'Institut de mathématiques de Jussieu-Paris rive gauche (Sorbonne Université, Université Paris-Cité, CNRS), organise une journée d'étude, le lundi 30 novembre 2026, sur les thème: « Les femmes de la Tour Eiffel : pourquoi et comment les célébrer ? Les apports de l'histoire des sciences et des techniques ».

Organisateur·rices : Sandrine Aragon, David Aubin, Jenny Boucard, Colette Le Lay, Isabelle Lémonon-Waxin

  • Le 30 Nov. 2026

  • 09:30 - 18:00

  • Colloque
  • Sorbonne Université, Campus Pierre-et-Marie-Curie, salle 15-25 102

Argumentaire

Le 26 janvier 2026, la maire de Paris, Anne Hidalgo, dévoilait les 72 femmes scientifiques dont le nom doit être inscrit sur la Tour Eiffel, aux côtés des noms de 72 savants hommes présents sur la Tour depuis plus d'un siècle. Porté par la Ville de Paris, la Société d'Exploitation de la Tour Eiffel et l'association Femmes et Sciences, le projet vise à rendre hommage aux contributions majeures de femmes dans le domaine scientifique et à soutenir l’égalité entre les femmes et les hommes. Du point de vue de l'histoire des sciences et des techniques, ce genre de célébration peut être saisie comme une invitation à approfondir la réflexion et les connaissances sur l'histoire des femmes en sciences. 

Il est d'autant plus nécessaire de multiplier les études à leur propos que faute de sources, mais aussi d'analyses sérieuses fondées sur l'étude des sources primaires et des textes scientifiques eux-mêmes, les récits dont ces femmes font l'objet restent souvent entachés d'approximations ou d'erreurs, allant même jusqu'à perpétuer des mythes depuis longtemps battus en brèche par les historien·nes. À cette occasion, nous souhaiterions faire connaître les apports de l'histoire des sciences et des techniques à la connaissance des contributions des femmes, identifier les points aveugles et encourager des nouvelles recherches. Nous sommes invités à nous interroger sur la spécificité des recherches sur les femmes, mais aussi les personnes marginalisées par les institutions et plus généralement les dynamiques de genre et les rapports de pouvoir en science.

Une journée d'études

Les objectifs scientifiques de cette journée d'études sont doubles.

Il s'agira, dans un premier temps, de nous interroger sur les pratiques, enjeux, finalités et limites des célébrations dont ces femmes font l'objet. Que célèbre-t-on au juste en les mettant ainsi en lumière ? L'importance de leur œuvre scientifique ou leurs parcours souvent semés d'obstacles qu'elles ont surmontés ou non ? Leur statut en tant que pionnières ou le rôle de modèle qu'elle peuvent jouer aujourd'hui ? Ou encore, plus généralement, la reconnaissance des multiples fonctions remplies par les femmes, et toutes les autres personnes invisibilisées, ou historiquement pensées comme subalternes, au progrès des sciences et des techniques ? 

S'agit-il de compléter un panthéon de héros ou d'éclairer les mécanismes sociaux, culturels et politiques à l'œuvre dans leur exclusion du récit historique pendant si longtemps ? Une mise en perspective est donc nécessaire et la journée d'études sera l'occasion d'examiner plus précisément les mots et outils qui sont mobilisés pour parler des femmes en sciences, grâce aux méthodologies actuelles en histoire des sciences et des techniques qui favorisent ou structurent les recherches sur les femmes : épistémologies féministes, technicien·nes invisibles, biographies, histoire du corps, construction des mémoires savantes/matrimoine, histoire matérielle, micro-histoire, lieux de savoirs, etc.

Les chercheur.euse.s invité.es à intervenir sur ces questions mettront en évidence en quoi ces approches contribuent ou ont contribué au développement des études des travaux scientifiques produits par des femmes et, au-delà, au renouvellement de l'histoire des sciences et des techniques (présentation de 30 minutes maximum).

Dans un deuxième temps, cette journée d'études servira de jalon dans l'évaluation essentielle de l'état de la recherche historique à propos des 72 femmes de la Tour Eiffel. Nous convions chercheur·euses à recenser plus précisément les sources primaires disponibles à propos de chacune d'entre elles, ainsi que les zones d'ombre qui restent à éclairer, à mettre en avant la littérature secondaire de qualité qui existe à leur sujet et identifier les approximations qui persistent dans les discours. Ces étapes sont essentielles à l'écriture d'une histoire plus juste des femmes dans les sciences (présentation de 10 minutes maximum). 

Enfin, il est crucial de proposer des mises en perspective historiques soignées et nuancées des apports scientifiques et techniques qu'on leur doit.

Campus Pierre et Marie Curie, Sorbonne Université

Sorbonne Université, Campus Pierre-et-Marie-Curie, salle 15-25 102